Portrait - Un candidat à la présidentielle ? Non, nous ne parlons pas de Nicolas Sarkozy. Au Havre, le Nouveau Parti Anticapitaliste proposait ce samedi soir un débat à la salle Louis Eudier, quartier Saint-Nicolas. La crise de la dette en question. En aparté, Philippe Poutou attend son heure, à l’écart. Les militants ont installé des tables, présentent leurs tracs, accrochent des affiches. L’ouvrier à la candidature suprême est tranquille. C’est avant de faire son meeting de 18 heures. Rencontre...
Le chômage ne s’arrête pas qu’au Havre. 12% ici, "11% en Gironde", affirme celui qui s’est battu pour sauver son usine de First-Ford de Blanquefort (1). "Bordeaux n’a pas vécu de catastrophes industrielles". Il n’empêche, des emplois dans la région sont supprimés, 300 dernièrement. Comment résiter ? En France, les Indignés n’ont pas autant d’échos que dans les autres pays d’Europe ou New-York. "Ce résultat provient de l’échec des mouvement sociaux pour les retraites de 2010" (2). Résister ? Oui, encore hier, à Rouen, lorsque Philippe Poutou apporte son soutien aux salariés de la raffinerie Petrolus de Petit Couronne, près de Rouen, où 120 emplois sur 550 sont menacés (3). La fin annoncée des 35 heures, la retraite à 60 ans, tout cela a du sens : "On essaie de résigner les salariés". L’Europe ? "On nous met dans un non-choix".
"Le NPA n’entre pas dans les rêves des autres.."
Philippe Poutou travaille la moitié de la semaine en usine. Depuis qu’il est candidat. L’autre partie du temps, il l’emploie à faire campagne. Dur de passer après le médiatique Olivier Besancenot. "Pour le moment, on a 250 signatures". Oui, là aussi, il faudra passer par la quête aux maires. Obtenir le chiffre rond des 500 parrainages ! Si le NPA n’est pas exempt de tirage interne, confirme Philippe Poutou, "au quotidien, on fait passer notre message". Pour toucher les grand médias, c’est moins facile. Sauf, chez Laurent Ruquier, l’autre jour. Le candidat commence à prendre la mesure de sa campagne. Au Havre, il donne l’impression de venir pour une soirée décontractée, chemise blanche, pull en V. La campagne ? "On se rencontre avec le PC (Parti Communiste, le PG (Parti de Gauche). Des rapports existent avec Mélenchon. On espère pas le PS, Mélenchon, si". Philippe Poutou voit déjà l’après élection : "On est des adversaires du gouvernement de Sarkozy". Demain ? "Il faut préparer une riposte si le gouvernement de gauche passe, défendre nos intérêts". Philippe Poutou ne dit pas s’il rentrera dans son usine, s’il reprendra le flambeau de Besancenot. Oui, demain sera pareil à aujourd’hui : "On ne rentre pas dans les rêves de Hollande, de Sarkozy, ni même des autres".
