Au bon coeur des élus socialistes ! Deux semaines après un mail signé de la première secrétaire du PS plaidant pour qu’« aucun parrainage d’élu socialiste et républicain ne manque à [leur] candidat », ceux-ci ont reçu, cette fois, une lettre du NPA. Irrités par l’initiative de Martine Aubry qui vise, selon eux, à « tenter d’interdire aux candidats des petits partis qui ont peu ou pas d’élus d’être présents dans la campagne présidentielle », Olivier Besancenot et le candidat anticapitaliste, Philippe Poutou, s’adressent directement aux intéressés. Pour dénoncer « cette pression exercée à [leur] encontre » et les prier d’accomplir ce « geste démocratique » qui ne vaut pas pour un « soutien » au NPA.
« Il ne fait aucun doute que François Hollande n’a nul besoin des parrainages de tous les élu(e)s socialistes », notent-ils. Par contre la petite formation trotskiste qui peine à obtenir ses 500 signatures, sésame pour concourir à la présidentielle, « doit consacrer beaucoup de temps et d’énergie pour rencontrer les 30 000 maires des communes de moins de 5000 habitants et trouver beaucoup de portes fermées ».
S’en prenant, comme tous les candidats ne pouvant compter sur un socle d’élus suffisant - Nicolas Dupont-Aignan, Christine Boutin, Marine le Pen, etc. -, au système « injuste et antidémocratique » de parrainages, ils déplorent aussi l’attitude de Solférino qu’ils comparent à celle « exprimée par Jean-François Copé ». Le patron de l’UMP avait, dès novembre, prié les élus de son parti de ne signer que pour Nicolas Sarkozy.
« Vous n’avez aucune raison de fermer des portes »
Conclusion de l’ex-candidat aux présidentielles de 2002 et de 2007 et de son successeur : « Nous pensons que contrairement à ce que vous demande Martine Aubry, vous n’avez aucune raison de fermer des portes déjà bien difficiles à ouvrir pour des formations politiques comme la nôtre. »
Marylise Lebranchu préfère, elle, parler d’« invitation » plutôt que de « consigne » : « Ce n’est pas un secret que certains donneront leur signature à un autre que François Hollande mais voteront pour lui. » C’est la présidente de la FNESR (Fédération nationale des élus socialistes et républicains) qui a adressé ce mail cosigné par Aubry et validé par le conseil politique et l’équipe de campagne, avant Noël. « J’assume l’initiative, c’était ma façon de lancer la campagne en direction des élus et un premier acte pour s’engager derrière notre candidat. Il est important de rappeler qu’on soutient le candidat de notre parti, c’est logique », insiste Lebranchu, à la tête du conseil des élus dans l’organigramme de campagne.
Mais pour le PS, pour lequel l’épreuve des signatures ne pose aucun problème, le temps ne presse pas comme pour les « petits » candidats lancés dans cette collecte depuis l’été. « J’ai fait, fin décembre, un état des lieux d’une situation qui est évolutive. Si on doit la réexaminer, cela appartient au PS et au candidat. Pour ma part, ma responsabilité est la mobilisation des élus », renvoie Lebranchu.
