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L’ouvrier-candidat en campagne à la fac

vendredi 6 avril 2012

Ambiance - Alors que le premier tour approche, les candidats multiplient les meetings. Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste était en meeting ce jeudi 5 mars à l’université de Nanterre.

Article du Courant.info

12h30. Les affiches qui tapissent les murs de la faculté de Nanterre avaient annoncées que le meeting commencerait à cette heure. Mais l’historique « Amphi D1 » accueille un cours qui n’est pas encore fini. Une foule commence à s’amasser dans le hall. Quelques militants NPA reconnaissables aux autocollants à l’effigie de leur parti qu’ils portent sur eux, une poignée de journalistes, mais surtout une foule d’étudiants curieux. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de voir un candidat en chair et en os sur son lieu d’étude.

Quelques minutes plus tard, les portes s’ouvrent. Pendant que les militants scotchent hâtivement une banderole derrière le candidat, entre 200 à 300 personnes s’installent sur les bancs de l’amphithéâtre. Une jeune militante annonce que le candidat sera un peu en retard et encourage les personnes à s’asseoir dans les premiers rangs.

Le candidat ouvrier est effectivement légèrement en retard. Il descend les marches de la salle précédé de quelques caméras, arborant un sourire gêné. On sent qu’il n’a toujours pas l’habitude d’être le centre de l’attention. Philippe Poutou s’installe et deux militants – dont on suppose qu’ils ont le rôle de chauffeurs de salle – s’expriment. L’un décrit la situation sociale et syndicale au sein de la poste dans le département des Hauts-de-Seine. Son intervention paraît moins appropriée pour un public quasi-exclusivement étudiant que celle de l’étudiante qui lui succède. Cette militante évoque elle la situation de la jeunesse en France.

C’est enfin le tour de l’ouvrier-candidat. Contrairement à la plupart de ses concurrents, ce n’est pas un professionnel de la politique, il n’est pas entraîné à mener un meeting. Il commence d’ailleurs par annoncer qu’il a toujours un peu de mal à commencer, qu’il n’a pas l’habitude de grandes foules. On le sent effectivement un peu hésitant au départ, mais il prend rapidement de l’aisance, ménageant des pauses pour les applaudissements après chaque grande partie de son discours.

Le discours est bien rôdé et construit de façon claire. Il reprend les poncifs habituels de l’extrême-gauche et ne révèle rien de surprenant. Visiblement de plus en plus à l’aise, Philippe Poutou réussit à faire rire un auditoire grâce à une ironie mordante sur « Nicolas Sarkozy et sa bande ». Marine Le Pen en prend aussi pour son grade. François Bayrou et François Hollande s’en sortent, eux, plutôt bien.

Fait rare pour un meeting de campagne, la salle est ensuite ouverte aux questions. C’est l’occasion pour certains militants d’autres partis d’extrême-gauche (parfois encore plus extrême) de s’exprimer mais aussi l’occasion d’apprendre que Philippe Poutou est pour une dépénalisation des drogues.

Alors que le candidat finit son meeting, des étudiants se pressent pour le prendre en photo et lui demander des autographes, voire se faire prendre en photo avec lui. Un moment de célébrité pour celui qui n’est candidat que pour quelques mois.

David Bolton