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Formation linguistique pour les étrangers

lundi 2 janvier 2012

Formation linguistique dans le cadre du CAI.

Officiellement depuis la loi du 24/07/2006, les étrangers nouveaux arrivants sont contraints de signer un
CAI (contrat d’accueil et d’intégration), lors d’une demi-journée d’information à l’occasion notamment
de la visite médicale ; le CAI est géré par l’OFII (l’office français de l’immigration et de l’intégration).
Dans le cadre de ce contrat l’étranger s’engage à connaître et respecter la laïcité, les valeurs de la
République, apprendre le français et obtenir un diplôme de langue française. Cette logique du contrat est
très contestée par les associations qui interviennent sur les questions liées au droit des étrangers : sous
prétexte de favoriser l’intégration, ce contrat a surtout pour but de limiter le nombre des installations
régulières en les rendant plus difficiles. L’intégration s’inscrit en fait dans la politique « d’immigration
choisie ».

C’est une inversion très dangereuse de logique : auparavant, l’obtention d’un titre de séjour, de la carte
de résident était considérée comme un facteur d’intégration. Désormais, il faut s’intégrer (et le prouver)
avant même d’avoir la garantie d’un séjour stable et les conditions de vie permettant une intégration.
Pire même, la politique du chiffre d’expulsions maximum est une machine à fabriquer toujours plus de
personnes en situation irrégulière puisqu’il devient de plus en plus difficile d’obtenir un titre de séjour.

Or la formation linguistique comme tout le reste, travail, formation professionnelle ne s’adresse qu’aux
étrangers « réguliers ». Pour ceux-ci, c’est déjà difficile. Et des formations linguistiques ne sont prévues
officiellement que dans les plateformes d’accueil et tant que le nouvel arrivant est demandeur d’asile.
Elles sont organisées tant bien que mal et sans toujours le personnel formé et ce n’est qu’une initiation
minimale à la langue française, le nombre d’heures obligatoire étant minime.

Tout s’arrête dès que l’étranger est débouté du droit d’asile. Et comme pour tous les étrangers en situation
irrégulière tout est fait pour que ce ne soit pas possible. La formation linguistique est assurée par des
associations de quartier quand elles existent. Elles n’acceptent pas toujours les étrangers en situation
irrégulière. Les financements de l’Etat et des collectivités territoriales diminuent et ne sont, la plupart
du temps pas accordés pour les étrangers non réguliers. Et comment se rendre à des cours quand on n’a
aucun revenu, aucun moyen de transport, peur de sortir ?

L’enseignement du français langue étrangère à l’école

La scolarisation est obligatoire en France et tout enfant a droit à l’enseignement public quelle que soit
la situation juridique de ses parents (un mineur jusqu’à 18 ans) n’est pas expulsable. Mais le RESF, à
travers de nombreuses mobilisations dans le pays, avec l’aide et l’action des enseignants, des parents
d’élèves, des élèves a permis de faire éclater le scandale de l’interruption brutale de la scolarité pour de
jeunes enfants scolarisés dont les parents sont expulsés ou pour des jeunes lycéens majeurs. Le principe
d’obligation de scolarité est donc violé par le gouvernement français.
De plus, l’enseignement du français langue étrangère destiné aux étrangers non francophones est vraiment
le parent pauvre de l’Education nationale, non reconnu comme discipline à part entière puisqu’il n’y
a pas de concours réservé aux enseignants spécialisés dans le domaine. Les classes de FLE n’existent
que dans certaines écoles primaires appelées CLIN (classes d’initiation) et dans certains collèges. Elles
n’existent pas dans les lycées (sauf quelques rares exceptions) et sont en nombre notoirement insuffisant
et en diminution dans le cadre des suppressions de poste dans l’éducation. Pour les élèves qui n’ont aucun
dispositif de FLE dans leur établissement scolaire ou à proximité c’est l’immersion dans les classes sans
connaître la langue française.

Bref, la formation linguistique des jeunes étrangers comme celle des adultes est vraiment un domaine
délaissé volontairement par le gouvernement. Cela fait partie des nombreuses injustices contre lesquelles
se bat le NPA.